Introduction à l'agrivoltaïsme

Qu’est-ce que l’agrivoltaïsme ?  

L’agrivoltaïsme désigne une pratique combinant production agricole et production énergétique grâce au photovoltaïque. 

Face aux enjeux sociaux, économiques et environnementaux actuels, l’agrivoltaïsme constitue une solution concrète pour accompagner la transition du monde agricole. Il permet une résilience des exploitations agricoles, avec l’amélioration des conditions de production, tout en contribuant à la diversification et à la sécurisation des revenus.

Ces installations permettent ainsi de produire de l’électricité d’origine renouvelable tout en apportant des services aux productions agricoles :

  • L’amélioration du potentiel et de l’impact agronomique ;
  • L’adaptation au changement climatique ;
  • La protection contre les aléas ;
  • L’amélioration du bien-être animal.
Une installation photovoltaïque peut être qualifiée d’agrivoltaïque lorsque ses modules photovoltaïques sont situés sur une même surface de parcelle qu’une production agricole et qu’ils l’influencent en lui apportant directement, ou un service d’adaptation au changement climatique, ou un service d’accès à une protection contre les aléas, ou un service d’amélioration du bien-être animal ou un service agronomique pour les besoins des cultures, et ce, sans induire ni dégradation importante de la production agricole quantitative et qualitative, ni diminution des revenus issus de la production agricole.
L’ADEME

La centrale agrivoltaïque

Une centrale agrivoltaïque associe sur un même terrain une production d’électricité solaire et une activité agricole. Le terme « agrivoltaïque » s’applique à toute installation photovoltaïque implantée sur des parcelles agricoles, quelle que soit la technologie utilisée.

Pour assurer son raccordement au réseau électrique national, une centrale agrivoltaïque de grande ampleur intègre plusieurs éléments techniques, parmi lesquels : 

  • Un onduleur, permettant de transformer le courant continu (produit par la cellule photovoltaïque) en courant alternatif ;
  • Un transformateur, destiné à adapter la tension électrique produite à celle du réseau de distribution ;
  • Un poste de livraison, correspondant au point de raccordement au réseau électrique public ;
  • Un réseau de câbles électriques, assurant la liaison entre ces différents points.

La production de chaque centrale fait l’objet d’un suivi en temps réel grâce à des systèmes de télésurveillance, permettant une détection rapide des anomalies et une intervention adaptée. 

Enfin, elles assurent également la sécurité des installations, notamment via des dispositifs de détection d’intrusion et de vidéosurveillance, garantissant la protection des biens et des personnes.

Nos solutions agrivoltaïques 

Afin de répondre conjointement aux enjeux agricoles et énergétiques, plusieurs solutions technologiques existent, permettant de s’adapter aux spécificités de chaque parcelle et aux différents types d’activités agricoles. La diversité des dispositifs disponibles offre ainsi la possibilité d’envisager des projets sur une large gamme d’exploitations, incluant les grandes cultures et l’élevage. Dans la mesure où chaque parcelle présente des caractéristiques propres, notamment en termes de nature des sols, d’orientation et de pratiques agricoles, le choix technologique doit être adapté au contexte local. 

Dans ce cadre, deux principales technologies agrivoltaïques sont envisagées sur le projet « Terres de l’Omois » :

Les structures trackers

Elles correspondent à un système de rangées de panneaux photovoltaïques montés sur des axes de rotation, permettant d’ajuster leur orientation au cours de la journée. Les panneaux sont ainsi pilotés automatiquement afin d’optimiser leur exposition au rayonnement solaire.

L’installation est implantée parallèlement aux cultures, ce qui permet de maintenir l’exploitation agricole des parcelles. Ce type de dispositif est particulièrement adapté aux grandes cultures, au maraîchage ainsi qu’aux activités d’élevage.

Le pilotage des panneaux repose sur un algorithme intégrant les besoins en lumière des cultures ainsi que les données microclimatiques. Ce système permet d’adapter l’orientation des panneaux afin de favoriser le développement des plantes, en régulant notamment l’ensoleillement reçu.

Les structures fixes surélevées

Elles constituent une adaptation des installations photovoltaïques fixes inclinées traditionnelles. Dans ce cas, les structures sont rehaussées afin de s’adapter à la hauteur des cultures ou à la taille des animaux, tandis que les panneaux demeurent fixes et légèrement inclinés.

Ce type d’installation est particulièrement adapté aux activités d’élevage, en permettant le maintien des usages agricoles sous les structures.

Par ailleurs, ces dispositifs contribuent à préserver l’humidité des sols et à offrir des zones d’ombrage favorables au bien-être des troupeaux, notamment en période de fortes chaleurs.

Un cadre réglementaire adapté aux nouveaux enjeux

Les articles 54 et 109 de la loi n°2023-175 du 10 mars 2023 relative à l’accélération de la production d’énergies renouvelables (dite « loi APER ») définissent le cadre juridique de l’agrivoltaïsme et encadrent son déploiement et son suivi. 

Ce texte modifie le Code de l’énergie afin de favoriser le développement des installations agrivoltaïques, tout en affirmant la primauté des usages agricoles et en veillant à limiter les impacts négatifs sur le foncier et les dynamiques économiques agricoles.

Désormais, pour être qualifiée d’« agrivoltaïque », une installation doit répondre à plusieurs critères :

  • Produire de l’électricité à partir de l’énergie radiative du soleil (et non de la chaleur) ; 
  • Être implantée sur une parcelle à vocation agricole ; 
  • Contribuer de manière durable à l’installation, au maintien ou au développement d’une production agricole.

Le cadre réglementaire impose également un certain nombre d’exigences et de restrictions :

  • Les installations solaires sont interdites lorsqu’elles impliquent l’abattage d’arbres en zones forestières ; 
  • Les installations doivent être réversibles, afin de garantir le maintien du potentiel agronomique des sols, à court comme à long terme ; 
  • Un décret en Conseil d’État précise les modalités de suivi, de contrôle et de sanction en cas de non-respect des obligations.

Publié en 2025, le décret relatif à l’agrivoltaïsme vient compléter les dispositions de la loi APER. Il apporte des précisions sur la définition et les conditions de mise en œuvre de ces installations, dans l’objectif de garantir une articulation équilibrée entre production agricole et production d’énergie solaire.

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